Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 

Louise-Adélaïde de Bourbon-Conti
" Mademoiselle de la Roche-sur-Yon " (1696 - 1750)

Le livre :

Henri-Philippe de Limiers (?-1728):

Histoire de Suède sous le règne de Charles XII

à Amsterdam, 1721

Le fer et l’ex-libris sur le livre :

Ecu losangé (demoiselle) timbré d’une couronne de prince français:

« de France au bâton péri en bande de gueules à la bordure de gueules »




 

Louise-Adélaïde de Bourbon-Conti
(Paris : 2 novembre 1696 - 20 novembre 1750)

« Mademoiselle de la Roche-sur-Yon »
 


Princesse du Sang de France


Baronne de Vauréal


 
Fille du « Grand Conti » :
 
Louise-Adélaïde de Bourbon-Conti est baptisée le 16 février 1707 dans la chapelle du château de Versailles. Son parrain est le Grand Dauphin et sa marraine Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne. Elle leur doit ses prénoms.

Titrée « Mademoiselle de La Roche-sur-Yon », Louise-Adélaïde est la fille de François-Louis de Bourbon, 3ème prince de Conti, et de Marie-Thérèse de Bourbon-Condé.

Le « Grand Conti » (1664 -1709) est le deuxième fils du premier prince de Conti, le frère du Grand Condé. Lieutenant général il s'illustre en 1688 durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg. 

 
En 1697, Louis XIV lui offre le trône de Pologne mais le Grand Conti ne peut conquérir son royaume face à son rival l'électeur de Saxe.

Durant la Guerre de Succession d'Espagne le roi le nomme à la tête des troupes en Italie. 
Une princesse du Sang  mère célibataire :

Les princesses du Sang de France ne peuvent, sans déchoir, se marier qu’à un membre d’une famille souveraine. D’où leur difficulté parfois pour trouver un époux de leur rang. C'est sans doute ce qui amène Mlle de la Roche-sur-Yon à rester célibataire toute sa vie.

Mais cela ne l’a contraint pas à rester seule puisque l’on connait au moins l’un de ses amants, le comte de Marton, du même âge qu’elle (né en 1695).


Le comte de Marton, Louis-François-Armand de Roye et de la Rochefoucauld, fils du comte de Blanzac et futur duc d'Estissac, est nommé en 1713 colonel-lieutenant du Régiment de Conti-Infanterie, poste qui le rapproche évidemment des Conti. En 1719 il obtient du roi (peut-être à la demande de sa maîtresse) une pension de 1 000 écus dont Saint-Simon parle dans ses mémoires parce qu’elle nécessite qu’il soit baptisé à l’âge de 24 ans (il n’était qu’ondoyé), ce qui amuse le mémorialiste.

Bien des années plus tard, le journal du marquis d’Argenson note : « Mademoiselle de la Roche-sur-Yon, princesse du Sang, est morte, dans la nuit dernière, de la petite vérole. C’était une bonne princesse, qui laisse beaucoup de bâtards » ...
Baronne de Vauréal :

Mlle de la Roche-sur-Yon achète en 1731 la propriété de Vauréal (Val d’Oise) comprenant un château et des jardins.

Elle fait reconstruire le château, dont l’origine remonte au XIII° siècle, par Claude Leclerc, architecte de la paroisse Saint-Pierre de Pontoise.

La princesse y vit fastueusement et y reçoit même pendant quelques jours le roi Louis XV venu chasser dans la forêt voisine de l’Hautil.

A sa mort, Mlle de la Roche-sur-Yon lègue son domaine à son neveu qui, peu intéressé par le château, revendra la baronnie.
Les princes de Conti, cadets des Condé :

Mademoiselle de la Roche-sur-Yon fait partie de la famille royale élargie, les princes du Sang.

Cette parenté royale remonte au premier prince de Condé, Louis Ier (1530-1569), frère d’Antoine de Bourbon, le père d’Henri IV qui attribue aux princes de  Condé le titre de Premier Prince du Sang.


L’arrière petit-fils de Louis 1er, Louis II dit « le Grand Condé », a un frère cadet, Armand, qui prend le titre de prince de Conti et dont descend la famille des Bourbon-Conti.

Mlle de la Roche-sur-Yon est une des filles de François-Louis, troisième prince de Conti, le deuxième fils d’Armand.

Les armoiries portées par la famille de Conti reprennent cette filiation : Au blason des rois de France (d’azur aux trois lys d’or) s’ajoute la brisure des Condé (bâton péri en bande de gueules). Mais, comme les Conti sont cadets des Condé, on ajoute une nouvelle brisure (bordure de gueules). Mlle de la Roche-sur-Yon porte les armes de son père dans le losange des demoiselles non mariées.
Sources :
 
> Eugène Olivier, Georges Hermal, Robert de Roton : Manuel de l'amateur de reliures armoriées françaises, planche  2643
 
> Comte de Marton

> Mémoires du Marquis d’Argenson 
  
> Château de Vauréal, succession

> Portrait de Mlle de la Roche-sur-Yon


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