Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
 
Louise-Françoise de Bourbon
" Mademoiselle de Nantes " (1673-1743)
Le livre :

Quinte-Curce : Vie et actions d'Alexandre le Grand
traduction de Vaugelas

à Paris, chez Marc Bordelet, 1730
Le fer sur le livre :


Ecu double timbré d’une couronne de prince français entouré d'une cordelière de veuve :

« à dextre : de France au bâton péri en bande de gueules (Bourbon-Condé) ; 
à senestre : de France au bâton péri en barre de gueules  (légitimée de France) »
Louise-Françoise de Bourbon
(Tournais 1er juin 1673 - Paris 16 juin 1743)


Fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan
" Mademoiselle de Nantes "


Duchesse de Bourbon

Princesse de Condé




 
Fille légitimée de Louis XIV et de la marquise de Montespan :

Louise-Françoise de Bourbon est née à Tournais le 1er juin 1673 du double adultère du roi Louis XIV et de Madame de Montespan. Elle a été légitimée par le Roi le 19 décembre de la même année sous le nom de "Mademoiselle de Nantes". L'acte de légitimation ne portera que le nom du père car Louis XIV craignait une reconnaissance par le marquis de Montespan.

Mademoiselle de Nantes ne sera donc pas reconnue officiellement comme la fille de Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart (1640-1707), épouse de Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan.

Six enfants légitimés sont issus de la liaison de Louis XIV et de Madame de Montespan: Le duc du Maine et le comte de Vexin qui précédèrent Louise-Françoise, et ensuite Mesdemoiselles de Tours et de Blois et le comte de Toulouse.

La fiche de Mademoiselle de Blois, soeur de Mlle de Nantes, est visible
ICI.
Duchesse de Bourbon, princesse de Condé :

Mademoiselle de Nantes épouse à douze ans le 24 juillet 1685 Louis III de Bourbon-Condé, duc de Bourbon puis 6ème prince de Condé.

Louis de Bourbon-Condé est prince du Sang de France. C'est un homme laid et malfaisant qui trompe sa femme dont il a pourtant neuf enfants. Il meurt en 1711, moins de deux ans après son père.

Son mari n'ayant que très tardivement porté le titre de prince de Condé, Louise Françoise restera connue sous le titre de "duchesse de Bourbon" après le décès du prince.

Louise-Françoise a des relations excellentes avec le grand Condé qui reste à son chevet lorsqu'elle est atteinte de la petite vérole; il contracte alors avec elle la maladie qui l'emportera.
Construction du Palais Bourbon :

La princesse douairière de Condé, duchesse de Bourbon, profite du Système de Laws pour se constituer une belle fortune.

Cela lui permet de faire construire en bordure de Seine un grand hôtel particulier, inspiré du Grand Trianon, le palais Bourbon.

Construit entre 1722 et 1728 par Lorenzo Giardini puis Jacques Gabriel, il possède de grandes salles de réception, une galerie sur la Seine et un salon donnant sur les Tuileries à l’est.

La princesse meurt au palais Bourbon en 1743 à l'âge de 70 ans. Le palais sera acquis par Louis XV puis par les Condé qui le posséderont jusqu'à la Révolution. Il est actuellement le siège de l'Assemblée Nationale (avec une façade érigée sous l'Empire).
Les amants de la princesse :

Louise-Françoise a hérité de sa mère l'esprit des Mortemart qui lui donne beaucoup de charme. Fuyant son mari violent elle se console auprès de ses amants. Deux d'entre eux sont connus :

Le "Grand Conti", François Louis de Bourbon , 3° prince de Conti (1664-1709), est peut-être le père de la 5° enfant de Louise-Françoise, Mlle de Clermont née en 1697. Le Grand Dauphin favorise les rencontres du couple à Meudon, son lieu de résidence.

Louise-Françoise cède à Léon de Madaillan de Lesparre, marquis de Lassay (1679-1750), un terrain contigu au palais Bourbon sur lequel celui-ci construit en même temps l'hôtel de Lassay, qui deviendra la résidence des présidents de l'Assemblée Nationale. Le palais Bourbon et l'hôtel de Lassay sont réunis par un passage qui facilite les rencontres entre les deux amants.
Portrait par Alexandre Dumas :

Dans son "Siècle de Louis XIV" Alexandre Dumas trace de la duchesse de Bourbon un portrait dans le style de Saint-Simon :

 
" Madame la duchesse n'était pas précisément jolie, mais pleine de grâces et de gentillesse : c'était une chatte pour sa finesse, sa câlinerie et ses griffes cachées sous le velours; elle avait la figure et les manières si bien harmonisées ensemble, que figure et manières paraissaient charmantes. Personne n'avait son port de tête, personne ne dansait mieux ni avec plus de grâce, quoiqu'elle fût un peu boiteuse; tout amusement semblait le sien. Aisée avec tout le monde, elle avait l'art de mettre chacun à son aise. Il n'y avait rien en elle, soit dans la voix, soit dans le sourire, soit dans le geste, qui n'allât naturellement à plaire. N'aimant personne, connue pour telle, mais séduisante à tous, ceux qui avaient le plus de raisons de la haïr étaient forcés de se rappeler qu'ils la haïssaient pour ne pas l'adorer. Enjouée, gaie, plaisante, disant les choses avec un tour qui n'appartenait qu'à elle; invulnérable aux surprises, libre d'esprit dans ses moments les plus inquiets et les plus contraints; aimant les choses frivoles, les plaisirs singuliers; méprisante, moqueuse, piquante; incapable d'amitié, fort capable de haine si elle croyait avoir des raisons de haïr, et alors méchante, fière, implacable ; féconde en artifices sanglants et en chansons cruelles dont elle accablait les personnes qui passaient leur vie avec elle, et qu'elle semblait le plus aimer : c'était la sirène antique avec tous les charmes et tous les dangers de l'enchanteresse de l'Odyssée. "
Sources :
 
> Eugène Olivier, Georges Hermal, Robert de Roton : Manuel de l'amateur de reliures armoriées françaises, planche  2628, fer n°5

> Oeuvres d'Alexandre Dumas, Volume 6, page 338, Société Belge de Libraire, 1846
 
> Page Wikipédia de Mlle de Nantes

> Page Wikipédia de Mme de Montespan

> Page Wikipédia du prince de Condé

> Page Wikipédia du palais Bourbon

> Les scandaleuses

> Portrait de Mlle de Nantes


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