Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des 
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
Jean-Antoine Chirat, seigneur de Souzy
(~1718 - 1789)

Le livre :

Mathieu Terrasson
Oeuvres

à Paris au Palais

chez Jean de Nully, 1737





L'ex-libris sur le livre :

Ecu timbré d'une couronne comtale
Supports : deux aigles.

" D'azur au lion d'or rampant
contre un chirat [tas de pierres] d'argent "

 
Pour cet ex-libris l'artiste a pris quelques libertés par rapport à l'interprétation habituelle du blasonnement (ci-contre) :
le chirat est devenu un ravin sur lequel bondit le lion !


Jean-Antoine Chirat
écuyer
seigneur de Souzy

(né vers 1718, mort à Lyon le 26 février 1789)

Juge-conservateur des privilèges royaux des foires de Lyon
Receveur de l’Hôtel-Dieu de Lyon
« Homme du Roi »
Lieutenant-particulier de la sénéchaussée

Premier échevin de la Ville de Lyon
 
Député à l’assemblée provinciale 
L'échevin sauve Lyon de la famine.
Echevin de Lyon :

Jean-Antoine Chirat, seigneur de Souzy, naît vers 1718 sans doute à Lyon.

Juge-conservateur des privilèges royaux des foires de Lyon, il est receveur de l’Hôtel-Dieu de Lyon de 1754 à 1757 et « Homme du Roi » en 1764 et 1765. A la fin de sa vie, bien que noble, il sera député du tiers-état à l’Assemblée provinciale de 1787-1789.


Mais sa fonction la plus marquante sera celle d'échevin de Lyon. La Ville de Lyon est dirigée depuis 1595 par un Consulat formé d'un prévôt des marchands et de quatre échevins. Ces fonctions sont anoblissantes.

Jean-Antoine Chirat est 3ème échevin en 1770 et premier échevin en 1771. A ce titre il vérifie les mesures à grain, basée sur l'unité locale du "bichet".
Bienfaiteur lors de la disette de 1771 :

En 1770 et 1771 la récolte en blés est si petite que tous les greniers de la Bourgogne, fournisseur principal de Lyon, sont vides.

Face à cette situation Jean-Antoine Chirat, premier échevin qui occupe par intérim la tête du Consulat de Lyon, fait remonter par le Rhône des "millions d'ânées de beaux bleds, venant des isles". Cela permet de maintenir le "bichet" de blé à un tarif supportable par la population.

Le premier échevin refuse de bénéficier de la plus-value pour cette opération.

Cette mesure permet de nourrir la ville durant toute l'année 1772 et la préserve de la famine.
Au village de Souzy :

Le nom primitif du petit village de Souzy était Saint-André des Vignes. Il ressortait de la sénéchaussée de Lyon.

Avant la Révolution cette paroisse était, pour les trois quarts, la propriété de la famille Chirat de Souzy. 

 
Un missel manuscrit ancien, conservé au XIXe siècle au presbytère, porte une note indiquant que la maison Chirat faisait au curé une rente de huit marcs d'argent pour qu'il chantât les vêpres. 
Les fils de Jean-Antoine :

Jean-Antoine Chirat épouse à Lyon en 1752 Marie-Françoise Caillat. Ils auront huit enfants, parmi lesquels :

 
  • Jean-Pierre-Antoine Chirat, né le 27 mai 1757 à Lyon, est procureur général syndic du département de Rhône-et-Loire au début de la Révolution.  Il est ensuite maire de Souzy et député de 1791 à 1792. Il devient juge de paix sous la Restauration. ?
  • Charles-Bernardin Chirat, né le 7 septembre 1761 à Lyon, est juge au tribunal civil, puis président de ce tribunal et député du Rhône de 1810 à 1815.

  • Le fils de Charles-Bernardin, Charles-Jean-Antoine-Aimé Chirat du Vernay, chevalier, sera le dernier rejeton mâle de cette souche.
    La famille Chirat :

    Les Chirat, de Souzy ou du Vernay, sont issus de Jean Chirat, bourgeois de Lyon, qui teste le 11 mars 1663 [d'après la tradition cette famille serait originaire de Bourgogne et descendrait d'Annibal Chirat qui se marie en 1578 et qui serait le père de Jean].

    Son fils Jacques Chirat, né en 1639, est qualifié de noble. Il est "avocat en parlement et ès cours de Lyon". Il fait enregistrer son blason dans l'armorial d'Hozier en 1696 (photo). Il teste en 1703.

    Son fils Bernardin, né en 1685, bourgeois de Lyon, est le père de Jean-Antoine.
    Une estampe de Miger d'après Nonotte :

    Emile Bellier de la Chavignerie, dans sa "Biographie et catalogue de l’œuvre du graveur Miger" (1856), signale que Simon-Charles Miger a gravé une estampe de Jean-Antoine Chirat, d'après un tableau de Donat Nonotte, avec cette légende :

    " Nobili viro Joan. Ant. Chirat. // Consuli Lugd. de Patria optime? merito // grati animi monumentum // Cives Lugd. quam plurimi offerebant. // Anno Dni 1771".


    J.-A. Chirat est représenté avec la robe d'échevin, tenant un gant de sa main droite gantée. L'estampe fait 25,5 X 18 cm.

     
  • Merci de m'adresser la copie si vous pouvez retrouver cette estampe.
  • Signature manuscrite d'un avocat au parlement de Toulouse :

    Le livre porte, de plus, la signature manuscrite d'un avocat de Toulouse sur lequel je n'ai pas d'information. Toute précision serait la bienvenue. N'hésitez pas à me contacter.

     



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