Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
Germain-Louis Chauvelin, ministre de Louis XV
(1685-1762)
Le livre :



Abbé Castel de St Pierre :

Annales politiques

 à Londres, 1757


 
Reliure à la plaque de Pierre-Paul Dubuisson (Rahir 184-e)  
 

Le fer du possesseur :


Ecu timbré d’une couronne de marquis :

« d’argent à un chou arraché et pommé de cinq branches de sinople la tige entortillé d’un serpent d’or la tête en haut et à dextre »
Germain-Louis Chauvelin
marquis de Grosbois

seigneur de Brie-Comte-Robert, Venisy, Turny, Linan et Boulant

(Amiens 26 mars 1685 - Versailles 1er avril 1762)


Conseiller au Grand conseil, Maître des requêtes

Avocat Général, puis Président à mortier au Parlement de Paris



Garde des Sceaux de France

Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères



Greffier de l’Ordre du Saint-Esprit
Le magistrat  :

Le 1er novembre 1706, Germain-Louis Chauvelin est pourvu des offices conjoints de conseiller au Grand Conseil et de grand rapporteur et correcteur des lettres de chancellerie. Le 31 mai 1711 il devient maître des requêtes.

Après la mort de son frère Louis le 2 août 1715, Germain-Louis récupère son office d’avocat général au parlement de Paris.

En 1718 il achète une charge de président à mortier qui l’élève au sommet de la hiérarchie judiciaire.
Le garde des sceaux  et ministre :

Le Maréchal d'Huxelles présente Chauvelin au cardinal de Fleury, devenu principal ministre de Louis XV en 1726. Le cardinal utilise le magistrat pour rédiger des documents diplomatiques.

Le 17 août 1727 Germain-Louis Chauvelin est nommé Garde des sceaux de France. Le lendemain il devient Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères.

Le 2 septembre 1727, le roi établit un partage des attributions entre le Chancelier d'Aguesseau et le Garde des sceaux. Le Chancelier conserve la présidence des conseils et la représentation du Roi auprès du Parlement ; Chauvelin reçoit les affaires de la Librairie et la présidence du Sceau. Il exerce la censure sur de nombreux ouvrages concernant la controverserse de la bulle Unigenitus.

En politique étrangère Chauvelin travaille en plein accord avec Fleury pendant des années. La politique de rapprochement avec l'Autriche, que Chauvelin désapprouve, finit par diviser les deux ministres.
L’exil :

Le 20 février 1737, Chauvelin, dont Fleury n’a plus besoin, est renvoyé et conduit à son château de Grosbois, puis à Bourges le 6 juin suivant.

Il tente de se rapprocher de Louis XV à la mort de Fleury en janvier 1743 mais subit une seconde disgrâce et est exilé à Issoire, puis à Riom.

Il parvient à rentrer à Paris en avril 1746 grâce à l’intercession du marquis d’Argenson et du comte de Maurepas mais n’intervient plus dans la vie politique jusqu’à sa mort en 1762.
Le château de Grosbois et autres lieux :

Chauvelin a une fortune considérable : 3.134.834 livres de capital, dont 1.536.000 livres de biens fonciers en 1751.

Son principal fief est le château de Grosbois à Boissy St Léger sur la route royale de Troyes. Acquis pour 400.000 livres en 1731, Chauvelin obtient du Roi qu'il soit érigé en marquisat en 1734.

Ce beau château du XVI° siècle est au centre d'un domaine forestier très productif.

A ce patrimoine s'ajoutent les seigneuries de Venisy, Turny, Linan et Boulant, reçues de la comtesse de Chemerault en 1729. Sans oublier le domaine de Brie-Comte-Robert acquis en mars 1734 pour plus de 200.000 livres.

A Paris, Chauvelin habite le faubourg Saint-Germain : rue des Saints-Pères, puis rue de l’Université , enfin rue de Varenne.
Ses collections :

Chauvelin possède une bibliothèque de près de 3.000 volumes selon son catalogue de vente je juin 1762. C'est une bibliothèque de travail plutôt que de bibliophilie.

Chauvelin s'est constitué une collection de tableaux comprenant des Raphaël, Philippe de Champaigne et Watteau. Il possède également des estampes, dont le fameux "recueil Jullienne" de l’œuvre de Watteau. Il a enfin des cartes manuscrites et imprimées.


Une pièce maîtresse de ses collections : Le fils du président de Harlay a fait don à Chauvelin de tous les manuscrits accumulés pendant deux siècles par les familles de Harlay et de Thou, parmi lesquels de rares pièces anciennes.
 
Psautier gallican dit de Charlemagne (795-800)
La famille Chauvelin :

Au XVIe siècle, les Chauvelin sont une famille d’avocats au Parlement, installée à Paris, au quartier de la place Maubert, vers 1530. En 1606, ils fondent un caveau familial chez les Carmes.

Le début du XVIIe siècle voit la division de la famille en six branches : celles de Garencières, Luzeret, Richemont et Beauregard s’orientent vers les carrières militaires, alors que la branche de Crisenoy reste dans le monde de la robe.

Des alliances avec des financiers, puis avec le clan Le Tellier, permettent à la branche Crisenoy de s'élever. Louvois les nomment intendants : Louis II est intendant d’armée en Piémont, Louis III en Franche-Comté (1673-1684) et en Picardie (1684-1694). Germain-Louis est le fils de Louis III.
Sources :
 
> Alix Bréban : Germain Louis Chauvelin (1685-1762), ministre de Louis XV
 
> Page Wikipédia Germain-Louis Chauvelin

> Jean Baptiste Oudry : Portrait de Germain-Louis Chauvelin, avocat général

> Château de Grosbois


> Catalogue collection Chauvelin


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