Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
Louis-Anne de Boutaudon, écuyer
(marié en 1731, testament en 1761)
Le livre :

Jean-Baptiste de Boyer, marquis d'Argens :

Lettres Juives



à La Haye, chez Pierre Paupie, 1754
L'ex-libris du possesseur :

 
Ecu surmonté de deux heaumes, l'un surmonté d'un sauvage avec massue, l'autre d'un lion issant, avec ces mots :
Domine adivva de Bovtavdon Domine adivva me.

Supports : à dextre, un sauvage avec massue ; à senestre, un lion.



" Écartelé  :    aux 1 et 4 d'or à l'arbre de sinople terrassé du même ;           aux 2 et 3 d'hermine à la bordure de gueules. "

 
N.B. : Je ne connais pas les dates (naissance et décès) de Louis de Boutaudon et de son père Claude. L'ex-libris a été apposé par l'un des deux en 1754 sans que je puisse préciser lequel. Mes informations sur ces deux personnes sont très succinctes. Tout complément serait le bienvenu. Merci.

Louis-Anne de Boutaudon,
écuyer

mariage : Paris, 15 octobre 1731
testament : Paris, 19 août 1761



Fils de
Claude de Boutaudon

Conseiller du Roi
Premier lieutenant et inspecteur général
des Brigades de la Prévôté
et maréchaussée générale de l’Ile de France  
Claude de Boutaudon, chargé de la police de l'Ile de France :
 

Armorial général de France (d'Hozier)
 
Claude de Boutaudon occupe sous la Régence une fonction importante à Paris. Il est premier lieutenant et inspecteur général des Brigades de la Prévôté et maréchaussée générale de l’Ile de France, sous l'autorité directe du Prévôt général de l'Ile de France.

Il est donc chargé de la police des environs de Paris. Des éditions de l'Almanach royal le font apparaître sous ce titre entre 1710 et 1737 mais il est possible qu'il soit resté à ce poste par la suite.

En 1731 il habite, avec son épouse Catherine de Bourges, sur les quais  de l'île Saint-Louis à Paris. Précédemment, de 1701 à 1711 au moins, il habitait à Charenton.
Lutte contre la mendicité :

En 1724, Claude de Boutaudon est chargé de lutter contre le vagabondage et la mendicité :

« Sa Majesté a ordonné et ordonne aux commandants des brigades préposées pour la garde et sûreté des environs de Paris, de faire arrêter les mendiants et vagabonds qui se retirent dans les fermes et sur les chemins, et de les conduire à l'hôpital, pour y être traités comme les mendiants arrêtés dans Paris, fait défenses auxdits mendiants et vagabonds de s'attrouper sur quelque prétexte que ce soit, et aux habitants des bourgs et villages, fermiers, hôteliers et cabaretiers de leur donner retraite, à peine de 100 livres d'amende, et sera la présente ordonnance publiée au prône et affichée partout où besoin sera, à la diligence du sieur de Boutaudon, inspecteur desdites brigades, auquel Sa Majesté enjoint de tenir la main à son exécution. »
Face à Cartouche :

Louis Dominique Cartouche (1693-1721) est un brigand, puis un chef d'une bande qui compte près de deux mille membres.

Il sévit surtout à Paris durant la Régence de Philippe d'Orléans. En 1720 il attaque des carrosses faisant le trajet de Versailles à Paris et s'en prend à la brigade de la Maréchaussée de Charenton. Il tente ensuite de piller le Louvre, le Palais Royal et les Tuileries.

La police se mobilise contre lui et, le 1er octobre 1720, Claude de Boutaudon signe un décret de prise de corps à l'encontre du "fils du nommé Cartouche, tonnelier".

Cartouche est roué vif en place de Grève, à Paris, le 28 novembre 1721.
Le mariage de Louis-Anne de Boutaudon :


Lors du mariage le 15 octobre 1731 de Louis-Anne de Boutaudan, le fils de Claude, avec Marie-Elisabeth Noël, fille d'un "marchand bourgeois", le souci est surtout de fumer les terres. 

Cela n'empêche pas de prestigieuses participations qui mettent en avant le rang où Claude est parvenu.

L'acte est signé par Phélypeaux de Maurepas, Secrétaire d'Etat, le Chevalier d'Orléans, Grand Prieur de France, René Hérault, Lieutenant général de police, etc.

 

Signatures de Louis-Anne et Claude Boutaudon sur le contrat de mariage
Un Guido Reni dans son testament :

Le minutier central de Paris (étude du notaire Mathieu Junot) conserve le testament de Louis-Anne de Boutaudon déposé le 19 août 1761. A cette date il habite paroisse St Gervais.

Le testament comporte un leg d'un tableau de Guido Reni : " ... legs d'un tableau original du GUIDE représentant une vierge dans sa bordure de bois doré ".
Une famille de Londres ?

Rarement une maison noble parisienne du XVIIIe siècle aura laissé si peu de traces. J'ignore tout de l'origine de la famille de Boutaudon (même le père de Claude m'est inconnu).

Il est très surprenant qu’aucune mention de la famille de Boutaudon n’apparaisse à ma connaissance dans absolument aucun acte ou document en dehors du XVIIIe siècle.

 
Peut-être une piste d'explication : Un certificat de notoriété du 17 mars 1730 indique que « Sieur Jean Barthélémy de Boutaudon, ci-devant marchand en la ville de Londres et aujourd’hui bourgeois de Paris, est décédé en cette ville de Paris chez Monsieur de Boutaudon son frère ». Il laisse ses enfants Simon (marchand à Londres), Antoine (marchand à Londres) et  Anne-Françoise (veuve d’un marchand à Londres).

Donc un marchand de Londres vient vivre à Paris et y meurt chez son frère. Et ses enfants continuent de vivre à Londres.

A cette époque on ne trouve d’actes pour la famille de Boutaudon que ceux concernant d’une part Claude et son fils et, d’autre part, ce certificat pour Jean-Barthélémy et ses enfants.

Il est tentant de penser que Claude est le frère de Jean-Barthélémy mentionné dans l’acte. Ce qui expliquerait que Claude étant le fils d’un londonien aucun acte paroissial français ne mentionne ses ascendants et, son fils n’ayant plus de descendants après la Révolution et ses neveux vivant à Londres, qu’il ne soit plus fait mention de la famille en France après le XVIIIe siècle.


Une explication à infirmer ou confirmer. Merci de me contacter à ce sujet.
Des Boutaudon sous la Révolution :

A la fin du XVIII° siècle les traces des Boutaudon s'effacent. Ils sont encore mentionnés deux fois durant la Révolution :

Un d'entre eux est en relation avec le marquis de Saint-Huruge, "généralissime des sans-culottes".

Et le Journal de Paris de 1790, dans son "Etat des bijoux et vaisselles portés à la Monnaie de Paris" mentionne des dons de "bijoux d’or et de vaisselle d’argent" fait par "M. de Boutaudon" les 4, 5 et 6 février.

Peut-être s'agit-il de fils de Louis-Anne? En tout cas ils ne semblent pas avoir eu de descendance après la Révoltion : Plus aucun "de Boutaudon" n'apparait à partir du XIXe siècle.
Sources :

> Armorial général de France, Charles d'Hozier : Notice Claude de Boutaudon

> Almanach Royal de 1722

> Mémoires de la Société historique, littéraire et scientifique du Cher

> Gilles Henry : Cartouche, Roi du pavé de Paris

> Acte de mariage  de Louis-Anne de Boutaudon. Document conservé au Centre historique des Archives nationales à Paris.

> Archives nationales, Minutes et répertoires du notaire Mathieu II Junot, 14 mai 1727 - 24 janvier 1767 (page 393)

> Certificat de notoriété du 17 mars 1730. Document conservé au Centre historique des Archives nationales à Paris.

> Journal de Paris 1790

   

Les textes et documents utilisés dans cet article proviennent des sources mentionnées ci-dessus. Je me suis efforcé de n’utiliser que des éléments qui font l’objet d’une diffusion publique mais, s’il apparait à l’un des propriétaires de textes ou d’images que j’enfreigne ses droits, je le remercie de le signaler ; cela sera retiré immédiatement.



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