Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
Louis-Anne de Boutaudon, écuyer
(marié en 1731)
Le livre :

Jean-Baptiste de Boyer, marquis d'Argens :

Lettres Juives



à La Haye, chez Pierre Paupie, 1754

L'ex-libris du possesseur :

 
Ecu surmonté de deux heaumes, l'un surmonté d'un sauvage avec massue, l'autre d'un lion issant, avec ces mots :
Domine adivva de Bovtavdon Domine adivva me.

Supports : à dextre, un sauvage avec massue ; à senestre, un lion.




" Écartelé  :    aux 1 et 4 d'or à l'arbre de sinople terrassé du même ;           aux 2 et 3 d'hermine à la bordure de gueules. "


 
N.B. : Je ne connais pas les dates (naissance et décès) de Louis de Boutaudon et de son père Claude. L'ex-libris a été apposé par l'un des deux en 1754 sans que je puisse préciser lequel. Mes informations sur ces deux personnes sont très succinctes. Tout complément serait le bienvenu. Merci.
Louis-Anne de Boutaudon, écuyer
(marié à Paris le 15 octobre 1731)

Fils de
Claude de Boutaudon

Conseiller du Roi
Premier lieutenant et inspecteur général
des Brigades de la Prévôté
et maréchaussée générale de l’Ile de France  
Claude de Boutaudon, chargé de la police de l'Ile de France :
 

Armorial d'Hozier
 
Rarement une maison noble parisienne du XVIII° siècle aura laissé si peu de traces. J'ignore tout de l'origine de la famille de Boutaudon (même le père de Claude m'est inconnu).

Claude de Boutaudon occupe sous la Régence une fonction importante à Paris. Il est premier lieutenant et inspecteur général des Brigades de la Prévôté et maréchaussée générale de l’Ile de France, sous l'autorité directe du Prévôt général  de l'Ile de France.

Il est donc chargé de la police des environs de Paris. Des éditions de l'Almanach royal le font apparaître sous ce titre entre 1710 et 1735 mais il est possible qu'il soit resté à ce poste par la suite.

Il habite, avec son épouse Catherine de Bourges, sur les quais à Paris.
Lutte contre la mendicité :

En 1724, Claude de Boutaudon est chargé de lutter contre le vagabondage et la mendicité :

« Sa Majesté a ordonné et ordonne aux commandants des brigades préposées pour la garde et sûreté des environs de Paris, de faire arrêter les mendiants et vagabonds qui se retirent dans les fermes et sur les chemins, et de les conduire à l'hôpital, pour y être traités comme les mendiants arrêtés dans Paris, fait défenses auxdits mendiants et vagabonds de s'attrouper sur quelque prétexte que ce soit, et aux habitants des bourgs et villages, fermiers, hôteliers et cabaretiers de leur donner retraite, à peine de 100 livres d'amende, et sera la présente ordonnance publiée au prône et affichée partout où besoin sera, à la diligence du sieur de Boutaudon, inspecteur desdites brigades, auquel Sa Majesté enjoint de tenir la main à son exécution. »
Face à Cartouche :

Louis Dominique Cartouche (1693-1721) est un brigand, puis un chef d'une bande qui compte près de deux mille membres.

Il sévit surtout à Paris durant la Régence de Philippe d'Orléans. En 1720 il attaque des carrosses faisant le trajet de Versailles à Paris et s'en prend à la brigade de la Maréchaussée de Charenton. Il tente ensuite de piller le Louvre, le Palais Royal et les Tuileries.

La police se mobilise contre lui et, le 1er octobre 1720, Claude de Boutaudon signe un décret de prise de corps à l'encontre du "fils du nommé Cartouche, tonnelier".

Cartouche est roué vif en place de Grève, à Paris, le 28 novembre 1721.
Le mariage de Louis-Anne de Boutaudon :


Lors du mariage le 15 octobre 1731 de Louis-Anne de Boutaudan, le fils de Claude, avec Marie-Elisabeth Noël, fille d'un "marchand bourgeois", le souci est surtout de "fumer les terres"

Cela n'empêche pas de prestigieuses participations qui mettent en avant le rang où Claude est parvenu.

L'acte est signé par Phélypeaux de Maurepas, Secrétaire d'Etat, le Chevalier d'Orléans, Grand Prieur de France, René Hérault, Lieutenant général de police, etc.

Bien plus tard le testament de Louis-Anne de Boutaudan fera apparaitre dans ses collections un tableau de Guido Reni représentant la Vierge.
Des Boutaudon sous la Révolution :

A la fin du XVIII° siècle les traces des Boutaudon s'effacent. Ils sont encore mentionnés deux fois durant la Révolution :

Un d'entre eux est en relation avec le marquis de Saint-Huruge, "généralissime des sans-culottes".

Et le Journal de Paris de 1790, dans son "Etat des bijoux et vaisselles portés à la Monnaie de Paris" mentionne des dons de "bijoux d’or et de vaisselle d’argent" fait par Boutaudon les 4, 5 et 6 février.
Sources :


> Armorial général de France, Charles d'Hozier : Notice Claude de Boutaudon

> Almanach Royal de 1722

> Mémoires de la Société historique, littéraire et scientifique du Cher

> Gilles Henry : Cartouche, Roi du pavé de Paris

> Acte de mariage  de Louis-Anne de Boutaudon, mis en ligne sur Geneanet

> Journal de Paris 1790


   

Les textes et documents utilisés dans cet article proviennent des sources mentionnées ci-dessus. Je me suis efforcé de n’utiliser que des éléments qui font l’objet d’une diffusion publique mais, s’il apparait à l’un des propriétaires de textes ou d’images que j’enfreigne ses droits, je le remercie de le signaler ; cela sera retiré immédiatement.



Créé avec Créer un site
Créer un site