Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
Bernard Jubert de Bouville 
" l'Abbé de Bouville "    (1708 -1788) 
Le livre :

Nicolas Toussaint Le Moyne (Des Essarts) :
Procès fameux extraits de l'essai
sur l'histoire générale des tribunaux des peuples

à Paris, chez l'auteur, rue du Théâtre françois, près de la Place, 1786

Le fer du possesseur :


Ecu timbré d’une couronne de marquis avec mitre et crosse,
posé sur une croix de l'Ordre de St Lazare et de N.D. du Mont-Carmel
et entouré d'un collier du même Ordre :


« écartelé (aux 1 et 4 d’azur à une croisette d’or; aux 2 et 3 d’azur à cinq fers de lance d’argent, 3 et 2), abaissé sous le chef de l'Ordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel »


Bernard-Marie-Gabriel  Jubert de Bouville
" l'Abbé de Bouville "
(Paris :  7 février 1708 - 12 juin 1788)

Abbé  commendataire 
de  l'Abbaye royale de Saint-Martin de Massay

Grand vicaire de l'évêché de Chartres

Grand prévôt de Normandie

et, en cette qualité, seigneur spirituel et temporel de Vraiville


Docteur en théologie (Faculté de Paris et Société royale de Navarre)

Archidiacre  de Pinserais
Prieur commendataire de Vignory, de Vontes et de Rupt-les-Nonains


Prélat commandeur ecclésiastique des ordres royaux 
et militaires de Notre-Dame-du-Mont-Carmel 
et de Saint-Lazare de Jérusalem
Les revenus d'une abbaye fermée depuis 24 ans :
 
En 1759 Louis XV nomme Bernard Jubert de Bouville abbé commendataire de l'Abbaye royale de Saint-Martin de Massay. C'est le dernier des bénéfices qui lui sont accordés ; l'abbaye lui rapporte 5.000 livres.

L'Abbaye Saint-Martin, à Massay (Cher), est une abbaye bénédictine fondée en 738. Aux XII°/XIII° siècles l'importance de l'abbaye est considérable mais elle subit des destructions par des guerres durant les siècles suivants.

Sous le régime de la commende elle se délabre à tel point que le Parlement, à la demande du cardinal de la Rochefoucauld, prononce sa fermeture définitive en 1735. Curieusement des abbés continuent à être nommés par le Roi jusqu'à la Révolution et à en percevoir les revenus.

Avant Massay, l'abbé de Bouville bénéficie des revenus des prieurés de Vignory, de Vontes et de Rupt-les-Nonains. Il est aussi archidiacre de Pinserais (1739) et grand-prévôt de Normandie (1742).

Nommé Grand-vicaire de Chartres en 1734, il ne parvient pas à devenir évêque.
Au château de Villebon :
 
Le château de Villebon-sur-Yvette est situé dans la vallée de Chevreuse à dix-huit kilomètres de Paris. Construit en 1512 il est modifié à plusieurs reprises au XVII° siècle.

Claude-Gabrielle de Perthuis, marquise de Pracomtal, par contrat du 24 mars 1777, vend à l'abbé de Bouville, "pour usufruit et jouissance seulement durant sa vie", le domaine de Villebon pour 30.000 livres.

Dans le contrat la marquise prévoit la destruction de la galerie nord du château ainsi que de deux pavillons Renaissance; cette démolition permet de reconstruire l’aile nord du château.

A Paris, l'abbé de Bouville réside dans un hôtel du Marais. Il occupe le 1er étage de l’hôtel de Saint-Prest, 28 rue des Saints-Pères, en vertu d’un bail à vie concédé par Charles Brochet de Saint-Prest  en 1775
.
Commandeur de l'Ordre de St Lazare et du Mt Carmel :
 
L'abbé de Bouville est nommé en 1758 " Prélat commandeur ecclésiastique des ordres royaux et militaires de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem ". Le Duc de Berry, le futur Louis XVI encore enfant, en est alors le Grand-maître.

L’Ordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel résulte de la fusion de deux ordres royaux. En 1608, le Pape Paul V crée, à la demande du Roi Henri IV, l’Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel. La même année le Roi fusionne l’ordre avec l’ancien Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, fondé à l’époque des croisades pour soigner les lépreux et tombé en désuétude mais encore riche en biens fonciers. Ainsi est créé l’Ordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel, composé de 100 chevaliers issus de la grande noblesse (huit quartiers de noblesse), rompus à la carrière des armes et astreints à une discipline religieuse rigoureuse. C’est un ordre à caractère militaire, dont le chef souverain, le Roi, désigne le Grand-maître dans la famille royale.
Un manuscrit pour le Comte de Provence :
 
En 1785 le Comte de Provence, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII, est le Grand-maître de l’Ordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel.

Lors du chapitre de l'Ordre du 16 octobre 1785, l'abbé de Bouville, Commandeur de l'Ordre, offre au Comte de Provence un Missale ordinum sancti Lazari Hierosolimitani et beatae Mariae de Monte Carmelo, somptueux manuscrit en latin qui porte les armes du prince écartelées avec celles de l'Ordre en sa qualité de Grand-maître. 
 
La famille Jubert de Bouville :
 
Les Jubert sont originaires du Vexin normand. Philippe Jubert, sommelier de la chambre du Roi Charles V, est anobli en 1369.

On compte parmi ses descendants des militaires et magistrats : Conseillers d'état, maîtres des requêtes, maréchaux de camp, brigadier, chef d'escadre, etc.

Les fiefs principaux de la famille Jubert sont ceux de Brécourt, de Bouville, de Bisy et du Thill.

Le père de l'abbé de Bouville, Louis Guillaume Jubert de Bouville, marquis de Panilleuse, est Intendant  d’Alençon puis d’Orléans, Conseiller d’État.
Sources :
 


> Eugène Olivier, Georges Hermal, Robert de Roton : Manuel de l'amateur de reliures armoriées françaises, planche 844

> Gazette de France
 
> Tableau généalogique, historique, chronologique, héraldique et géographique de la noblesse

> Seigneurerie de Villebon

> Page Wikipédia Abbaye Saint-Martin de Massay

> Manuscrit du Comte de Provence

> Ordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel

> Revue historique, nobiliaire et biographique, tome 6 (1870-1871) : Généalogie historique de la maison de Jubert, pages 505 à 512


 
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