Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
Mgr Hervé-Nicolas Thépault du Breignou 
(1696-1766)
Le livre :


Pensées du père Bourdaloue


à Bruxelles, par la Compagnie de Jésus

1740

Le fer sur le livre :

Ecu timbré d’un chapeau épiscopal et d’une couronne de marquis :

« De gueules à la croix alésée d'or, adextrée d'une macle de même »

Mgr Hervé-Nicolas Thépault du Breignou 
[ou Breignon, ou Brignou] 
(Morlaix 9 mai 1696 - St Brieuc 26 janvier 1766)


Chanoine puis grand-vicaire de Quimper

Abbé commendataire de l'abbaye royale de Moiremont

Evêque de Saint-Brieuc

 
Naissance à Morlaix :
 
En 1696 Hervé-Nicolas est baptisé en l'église St Mathieu de Morlaix, diocèse de Léon en Bretagne.

Il est le fils de Maurice Thépault, chevalier, seigneur de Trefalégan (paroisse de  Lanhouarneau dans le Léon); Maurice possède aussi dans le Trégor les seigneuries de Leinquelvez et de Kervolongar (paroisse de Garlan, près de Morlaix).

Sa mère est Hélène-Anne-Marie du Chastel de Kerlec'h, issue de la puissante famille léonarde du Chastel. Elle est dame du Breignou et apporte cette seigneurie à la famille Thépault. Le nom "de Breignou" sera porté dans la famille Thépault à partir de cette époque.
 

Acte de baptême (source : Archives départementales du Finistère)
Le château du Breignou :

Le château du Breignou, situé dans la trève du Bourg-Blanc en Plouvien (évêché de Léon), reçoit le surnom de Castel-Gleb parce qu'il est entièrement entouré d'eau durant la saison des pluies. En 1426, il appartient à Yvon de Saint-Goueznou qui y réside. Cette famille le conserve jusqu'au XVIe siècle.

Marie de Saint-Goueznou, dame du Breignou, épouse vers 1568 Charles de Plœuc, seigneur du Tymeur, et lui apporte cette terre, que Marie de Plœuc de Kerc'haro fait passer en 1653 dans la maison de Kerlec'h par son mariage avec Claude Kerlec'h de Langalla ; une vingtaine d'années ensuite, le Breignou passe à la famille Thépault par le mariage de l'héritière des Kerlec'h.

Au XIXe siècle le château sera détruit et remplacé par le manoir du Brignou actuel.
Evêque de Saint-Brieuc :

Hervé-Nicolas Thépault du Breignou débute sa carrière ecclésiastique comme chanoine, puis grand-vicaire de l'évêché de Cornouaille (Quimper).

Il est nommé évêque de Saint-Brieuc le 3 septembre 1744, et sacré le 7 mars 1745. 

Assiégée à plusieurs reprises, la cathédrale de Saint-Brieuc est l'une des rares églises fortifiées de Bretagne. L’évêché rapporte 22.000 livres par an.

Dans son diocèse Mgr Thépault du Breignou est soucieux de lutter contre ce qui lui semble des hérésies ou atteintes aux bonnes mœurs. 

En 1751 il donne un mandement portant condamnation d'un livre "contenant plusieurs propositions respectivement captieuses, téméraires, impies, contraires à l'Ecriture-Sainte"

Un mandement de 1749 défend les "tragédies ou farces indécentes" qui sont en usage dans quelques paroisses de campagne et petites villes du diocèse. Il se révolte contre "les pères & mères qui, ayant chez eux leurs enfants, ne les auront pas empêchés de représenter dans ces sortes de spectacles" et contre "les personnes d’un âge avancé, qui se joignent aux processions dans des habits différents de celui de leur état, pour représenter les patriarches, les apôtres & les saints".
Abbé de Moiremont :  
 
Mgr Thépault du Breignou est nommé en 1754 abbé commendataire de l'abbaye royale de Moiremont.

Moiremont, village de l'Argonne situé près de Sainte-Menehould à la limite des départements actuels de la Marne et de la Meuse, est alors le siège d'une abbaye bénédictine de la congrégation de Saint-Vanne, qui rapporte environ 15.000 livres à son abbé.

L'abbaye a été fondée en 707. Détruite par les Normands elle a été reconstruite au XIe siècle. Il ne subsiste de l'abbaye de nos jours que l'église abbatiale profondément remaniée et devenue église paroissiale après la Révolution. 

Après la mort de Mgr Thépault du Breignou il n'y aura plus qu'un seul abbé jusqu'à la fermeture définitive à la Révolution : N. de Villeneuve d'Ansonis.
Les Etats de Bretagne de 1758 :

L'ancienne cour souveraine du Duché de Bretagne avait subsisté après le rattachement à la France sous la forme des Etats de Bretagne réunis tous les deux ans dans un lieu qui n'est pas fixe.

En 1758 les Etats se réunissent à Saint-Brieuc sous la présidence de l'évêque Thépault du Breignou.

Ils décident d'un emprunt de six millions de livres "pour la finance & acquisition de trois 
cens mille livres de rente , au denier vingt , héréditaire & perpétuelle, qui fera créée & aliénée ausdits Etats, & à leur profit".


Les Etats célèbrent aussi l'échec du débarquement britannique repoussé à la bataille de Saint-Cast de septembre 1758 : En décembre ils commandent au peintre Ozanne une gravure dont un exemplaire est offert à chacun des membres de l’assemblée provinciale mais aussi à chaque communauté de la province. Une médaille est aussi gravée par Roettiers.

Quelques années plus tard, en 1765, Mgr Thépault du Breignou participe à une autre assemblée délibérative : Il est député de la province ecclésiastique de Tours à l'Assemblée du clergé de France qui décide de la condamnation de plusieurs livres réprouvés.
Aménagements du port du Légué :

Durant les Etats de 1758 Mgr Thépault du Breignou pose avec le duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne, la première pierre du quai sur le Légué. 

Le port de St Brieuc est considéré comme sûr et abrité des vents, mais il présente un chenal sinueux et de profondeur médiocre. Et, surtout, il ne dispose pas de quais facilitant le déchargement.

Un premier projet d'aménagement de la rive gauche du Légué est proposé. Il s'agit d'une part de réaliser le quai d'Aiguillon (actuel quai de Légué), long de 160 m et pourvu d'une cale à chaque extrémité, et d'autre part de rectifier le cours sinueux du Gouët.

 
Décès de l'« évêque des pauvres » :

Tout en étant sévère sur le plan des mœurs, Mgr Thépault du Breignou est connu pour sa sollicitude envers les indigents qui l'a fait surnommer "l'évêque des pauvres"..

Il meurt le 26 janvier 1766 et il est enterré à l'entrée du chœur de sa cathédrale avec cette épitaphe :
 
" D. O. M.
Hic jacet R.R. in Xto P. DD. H. N. Thépault du Brignou, Ep. et D. sanbriocensis, religionis,
quam semper coluit et fovit,
amantissimus,
in pauperes profusus,
in omnes beneficus,
Obiit die 26 jan. 1706.
Requiescat in pace. "

 
Son tombeau sera détruit sous la Révolution et remplacé par celui de l'évêque constitutionnel Jacob, mort en 1801.
 
La famille Thépault :

La famille Thépault est une famille noble bretonne d'ancienne extraction : huit générations à l'intendance de 1698, maintenue noble en 1669 et 1481, ainsi qu'aux réformations de 1427 et 1543.

Ses plus anciens représentants sont : Olivier, écuyer de Charles de Blois en 1347, entendu dans l’enquête pour la canonisation de ce prince en 1371 ; Eon, associé au traité de Guérande à Guingamp en 1381 ; Alain, envoyé par le duc de Bretagne pour sommer le capitaine de la Roche-Derrien de rendre la place en 1389.

Jean Thépault, vivant en 1400, épouse Jeanne de Kergorlay. C'est alors que la famille Thépault reprit les armes de la famille de Bilsic ("de gueules à la croix alésée d'or, adextrée d'une macle de même.") que Jeanne tenait de sa mère, Alix de Bilsic, dame du Cludon du Breil et Keryavily.
L'ex-libris porté sur le livre
est probablement celui de
Barthélémy Quintin (1737-1790)
habitant à Lothey (Finistère).
Sources :

> Page Wikipédia Mgr Thépault du Breignou 

> Page Wikipédia Famille Thépault 

> Fonds Thépault du Breignou aux AD du Finistère 

> Christophe-Michel Ruffelet. Les Annales briochines, 1771 

> Abbé Tresvaux, L'église de Bretagne depuis ses commencements jusqu'à nos jours... 

> Dictionnaire historique et géographique de la province de la Bretagne 

> Étude historique & biographique sur la Bretagne à la veille de la Révolution 

> Emprunt de six millions de livres ordonné par les États de Bretagne 

> Port du Légué 

> Portrait de Mgr Thépault du Breignon 


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