Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
Mgr Michele Beggiamo, archevêque de Turin
(1611 - 1689)
Une "reliure à l'éventail" :



Le document :



Charte de fondation
octroyée par Mgr Michele Beggiamo, grand-vicaire de l'archevêque de Turin, à Honorato Anfosso pour la fondation de la chapelle de La Bollena dédiée à la Vierge et à Sainte-Elisabeth, avec en annexe l'attestation concernant les reliques de la chapelle.


Document de 13 pages sur parchemin en date du 6 avril 1650
portant la signature du grand-vicaire
et le sceau en cire rouge de l'archevêque protégé dans une boite en cuivre.




 


Une chapelle de la Bollène-Vésubie  ?

La charte de fondation de 1650 concerne une chapelle dédiée à la Vierge et à Ste Elisabeth, « chapelle champêtre aux confins du lieu-dit La Bollena » fondée par « Honorato Anfosso ».
 
Dans un rayon de 300 km autour de Turin le seul lieu-dit du nom de La Bollena est La Bollène-Vésubie (nommée La Bollena jusqu’au début du XX° siècle), commune de l’arrière pays de Nice. Le comté de Nice dépendait alors du duché de Savoie, capitale Turin.

Trois éléments vont dans ce sens :
> En bordure de la route menant à La Bollène se trouvent les ruines d’une vieille chapelle dédiée à Ste Elisabeth (datation inconnue).
> Au XVII° siècle des notables du nom d’Anfosso vivaient à La Bollène et portaient le prénom d’Honorato de génération en génération.
> Le document mentionnant les reliques indique leur don à Jean Anfosso, capitaine pour le duc de Savoie de la citadelle de Villefranche (port de guerre du comté de Nice).
 
Problème : Bien que le comté de Nice dépendait alors de Turin, l’évêque de Nice était suffragant de l’archevêque d’Embrun.  Une chapelle du diocèse de Nice ne relevait donc pas normalement de l’archevêque de Turin.
 
Deux explications possibles à cette anomalie : Le lien particulier de Jean Anfosso avec le duc de Savoie, et le fait que les reliques semblent provenir du couvent franciscain de Suse près de Turin.

Mais toute autre proposition sur la question serait la bienvenue. N’hésitez pas à me contacter.
 
Le sceau de l'archevêque (Mgr Barbera) appendu à la charte :

Ecu timbré d'un chapeau d'archevêque et posé sur une croix tréflée en pal :

« Ecartelé de gueules et d'azur à la bande d'or brochant sur le tout »

avec le nom et titre en bordure du sceau :

ARCHIESPISCOPVS TAVRINEN    IVLIVS CAESAR BARBERA   

 

 
Mgr Michele Beggiamo
en latin : Michael Beijamus
(Savigliano, 18 septembre 1611 - Turin, 24 octobre 1689)

seigneur de Sant’Albano et de Carere

Aumônier de la Régente de Savoie

Archidiacre de la cathédrale d’Asti  

Evêque de Mondovì

Protonotaire apostolique du duché de Savoie

Grand-vicaire puis archevêque de Turin

et son prédécesseur :


Mgr Giulio Cesare Barbera (ou Bergeria)  
(Turin, 1577 – Turin, 1660)  

Chanoine de la cathédrale de Turin 

Grand-vicaire puis archevêque de Turin
Mgr Barbera :

La famille Barbera est originaire de Cavallerleone, dans la province de Coni, Piémont.

Mgr Giulio Cesare Barbera (ou Bargeria), lauréat de droit canon « in utroque iure », débute sa carrière ecclésiastique comme chanoine de la cathédrale de Turin. Il est nommé vicaire général du diocèse et devient, en 1643, archevêque de Turin.
Mgr Beggiamo :

Les Beggiami constituent une famille comtale issue de Savigliano (province de Coni, Piémont). Ils sont seigneurs de Sturano, Demonte, Beinette et  autres lieux de la plaine du Pô.

La famille Beggiami compte parmi ses membres Beggiamo de Beggiami, consul de Savigliano en 1320, Cristoforo Beggiami, né vers 1430, introducteur de l’imprimerie dans le Piémont.
Plusieurs autres membres de la famille sont ambassadeurs du roi de Piémont-Sardaigne.

Michele Beggiamo est le fils de Pietro Paolo Beggiamo, comte de Sant'Albano Stura, et de Camilla Barbera (sœur de Mgr Barbera). Destiné à la carrière ecclésiastique il continue cependant de porter les titres de seigneur de Sant’Albano et de Carere.

Son premier poste est celui d'archidiacre de la cathédrale d’Asti. Il est élu chanoine de la métropole de Turin, puis nommé grand-vicaire de l'archidiocèse.

En 1656 Mgr Beggiamo devient évêque de Mondovi et, en août 1662, il succède à son oncle Mgr Barbera comme archevêque de Turin.
Aumônier de Christine de France :

Le 10 février 1646, Michele Beggiamo est nommé « elemosiniere » (aumônier) de la régente de Savoie. Il est aussi confesseur des princesses de Savoie Francesca Maria et Maria Ludovica.

Christine de France (1606-1663), fille d'Henri IV et sœur de Louis XIII, dite « Madame Royale », épouse en 1619 le duc de Savoie Victor-Amédée Ier. Au décès du duc en 1637, Christine devient régente du duché de Savoie pour le compte de son fils Charles-Emmanuel II de Savoie. Elle assure cette fonction dans des conditions difficiles jusqu'à la majorité de son fils en 1648.
Inauguration de la chapelle du Saint-Suaire :

L’un des derniers actes de Mgr Beggiamo est l’inauguration de la chapelle ducale de Turin en présence de son constructeur Guarino Guarini, le 11 mai 1689.

Chef d’œuvre de l’art baroque, la « Cappella della Sacra Sindone » prolonge la cathédrale de Turin pour abriter le Saint-Suaire, linceul présumé du Christ.

Mgr Beggiamo avait authentifié la relique par acte du 20 mai 1663, à la suite d’une « ostension » cinq jours auparavant.
Sources :
 
> Michele Beggiamo  dans :  Valerio Castronovo, Dizionario Biografico degli Italiani
 
> Michele Beggiamo dans  Wikipedia (it.)

> La famiglia Beggiami

> Giulio Cesare Barbera  dans  Wikipedia (it.)
 
> Chapelle Sainte-Elisabeth, La Bollène-Vésubie (1) 

> Chapelle Sainte-Elisabeth, La Bollène-Vésubie (2) 
 

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