Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
Halim Pacha, prince d'Egypte
(1831-1894)
Le livre :


Octave Sachot : Madagascar et les Madécasses

à Paris, chez Victor Sarlit, 1864
Le fer du possesseur :

 
Ecu timbré d’un turban, soutenu par deux hampes
portant des queues de Pacha et posé sur un manteau :


"De sinople au croissant d'argent renfermant trois étoiles de même "
(armoiries du khédivat puis royaume d'Egypte)


 

N.B. : Le prince égyptien possesseur de ces armes est probablement Halim Pacha, sans qu'il soit possible de l'affirmer définitivement, aucun fer semblable n'étant répertorié à ma connaissance.
Prince Halim Pacha
"Al-Amir" Mohamed Abdel-Halim Pasha
(Le Caire 15 juillet 1831, Istanbul 4 juin 1894)

Fils de Méhémet Ali
1er Vice-roi d'Egypte et du Soudan

Frère et oncle des Vice-rois
Saïd Pacha et Ismaïl Pacha

Ministre de la Guerre d'Egypte

Gouverneur général du Soudan



à ne pas confondre avec Saïd Halim Pacha (1865 -1921), Grand-vizir ottoman
.
Méhémet Ali, fondateur de la monarchie égyptienne :
 

Le père d'Halim Pacha, Méhémet Ali (1769 - 1849), est un officier ottoman d'origine albanaise qui devient Vice-roi d'Égypte à partir de 1804.

Après le départ des Français qui avaient participé à l'expédition de Bonaparte, l'Egypte manque d'un pouvoir fort. Méhémet Ali en profite pour remplacer le gouverneur (wali) ottoman à la tête de l'armée. Il se débarrasse brutalement des mamelouks et obtient un pouvoir sans partage.

Officiellement simple Pacha, vassal du Sultan ottoman, Méhémet Ali n'hésite pas à mener une politique indépendante et s'autoproclame Vice-roi d'Egypte.

Le Vice-roi introduit de vastes réformes en Égypte : il met sur pied une armée de conscription; il engage d'importants travaux d'infrastructure; il prépare la construction d'une voie ferrée du Caire à Suez et le creusement du canal; il fait réformes sociales et crée des écoles modernes.

Méhémet Ali conquiert la Nubie et le haut bassin du Nil, dont il forme la province du Soudan.

Le Vice-roi se brouille avec le Sultan ottoman et entre en guerre contre lui en 1831. Il mène jusqu'en 1839 plusieurs campagnes victorieuses qui conduisent ses armées à proximité d'Istanbul. Les franco-britanniques interviennent pour empêcher la déroute du Sultan.

Méhémet Ali, dont sont issus les khédives, sultans et rois d'Egypte, est généralement considéré comme le fondateur de l'Égypte moderne.
Halim Pacha, un prince d'Egypte francophile :

Le fils cadet de Méhémet Ali, Halim Pacha, part à Paris à l'âge de 13 ans avec la mission militaire "des princes". Il passe douze ans en France, partageant la vie des fils de Louis Philippe.

Il noue à cette époque de solides amitiés auprès des politiques français et restera toute sa vie marqué par la culture française.

Après le décès de son oncle Abbas Pacha, Halim Pacha joue un rôle important pour que son frère, Saïd Pacha devienne Vice-roi d'Egypte.

Halim Pacha devient ministre de la Guerre puis gouverneur général du Soudan, ce qui équivaut à une vice-royauté.
Grand-maître des Francs-Maçons d'Egypte  :
 
Une  première loge maçonnique voit le jour à Alexandrie en 1748, mais c’est avec l’expédition de Bonaparte que la franc-maçonnerie égyptienne va se développer. La loge Isis a comme vénérable le général Kléber.

En 1830, des francs-maçons italiens résidents à Alexandrie forment la loge Carbonari, suivi d’une autre loge Ménès, qui a eu comme vénérable un membre très actif, Samuel Honis, qui introduira par la suite le rite égyptien en France. Il fonde plusieurs loges à travers l’Égypte à Alexandrie, Port Saïd, Suez, le Caire, etc.

En 1867 un Grand Orient d’Égypte est fondé. Il est dirigé par le marquis de Beauregard.

Le prince Halim Pacha devient alors le Grand-Maître.

En 1873, les différentes loges fonctionnant en Égypte s’unissent à Alexandrie pour former la Grande Loge Nationale d’Égypte et en 1878 son siège est transféré au Caire, mettant fin à l’état d’anarchie existant dans la maçonnerie égyptienne.
Accident de train en 1858  :
 
Le chemin de fer d'Egypte est l'un des plus anciens du monde. La ligne Alexandrie-Le Caire-Suez est construite de 1854 à 1858 par des Britanniques.

Un luxueux wagon à ses armes est destiné au  Vice-roi.

Le 15 mai 1858 ce wagon accueille Halim Pacha et son neveu Ahmed Rifaat qui reviennent d'Alexandrie au Caire après une réunion du Conseil privé du Vice-roi Saïd Pacha.

Lors du passage du Nil sur un bac à Kafer-Zaïat (le pont étant encore en construction), le wagon tombe dans le fleuve.

Halim Pacha réussit à briser la vitre (il en gardera une grande cicatrice) et s'échappe avec un mamelouk. Mais le prince Ahmed Rifaat, trop corpulent, ne peut pas s'enfuir.

Sous le règne du Khédive Ismaïl Pacha, Halim Pacha sera soupçonné d'avoir attenté à la vie de son neveu pour être mieux placé dans la lignée de succession en trône.
Félix Clément, peintre du palais de Shubra  :

Félix Clément (1826-1888) est un peintre orientaliste réputé à l'époque.

De 1862 à 1868 il travaille pour Halim Pacha à la décoration de son palais de Shubra, près du Caire.  Il peint en particulier des scènes représentant le prince durant des chasses à la gazelle, un de ses sports préférés.

Halim Pacha veut mêler Félix Clément à ses intrigues contre le khédive Ismaël Pacha, ce que le peintre refuse.

Le prince fait alors des difficultés pour payer ses travaux, d'où un long procès que Clément gagne finalement mais qui entraine pour le peintre d'énormes problèmes financiers à son retour en France.
Révolte et exil  :

Halim Pacha est en conflit croissant avec son neveu, le Vice-roi Ismaël Pacha reconnu comme Khédive par le Sultan ottoman. En 1866, le Khédive obtient du Sultan que la règle de succession au trône soit changée remplaçant le séniorat (l'ainé des princes comme successeur) par la primogéniture (favorisant ses fils).

Halim Pacha et le frère d'Ismaël Pacha, lésés directement par ce changement, s'opposent fortement au Khédive.

Malgré d'importants appuis, Halim Pacha ne peut l'emporter. En 1868 le Khédive accuse son oncle de sédition, saisit tous ses biens et le condamne à l'exil.

Accueilli avec largesses par le Sultan, Halim Pacha passe une douce retraite dans son palais d'Istanbul. Il meurt en 1894 dans la capitale ottomane.
Sources :

> Prince Osman Ibrahim, Caroline et Ali Kurhan : Méhémet Ali le grand, mémoires intimes d'une dynastie, éd. Maisonneuve & Larose 2005, ISBN 2-7068-1858-1

> Mehemet Ali sur Wikipédia

> Egypte d'antan

> Accident de train

> Félix Clément

> Franc-maçonnerie en terres d’Islam



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