Ombres de mes livres

 

… où j’ai cherché à esquisser les silhouettes des 
premiers possesseurs de mes livres anciens.
 
 
 
Élisabeth de Wittelsbach, Reine des Belges
 
(1876-1965)
Le livre : 

Louis van den Boosche :
Anne de Jésus


à Bruges, édition Desclée de Brouwer, 1958


 
 
Le fer du possesseur :
 
Monogramme formé
de deux initiales "E" entrelacée
s
sommé d'une couronne royale



 



Élisabeth Gabrielle Valérie Marie
de Wittelsbach
(Possenhofen, 25 juillet 1876 – Bruxelles, 23 novembre 1965)

Duchesse en Bavière

Reine des Belges

Juste parmi les nations

De la "reine infirmière" à la "reine rouge"
Fille du duc en Bavière :

Élisabeth de Wittelsbach est le second enfant du duc Charles-Théodore en Bavière et de l'infante Marie-Josèphe de Portugal, fille du roi Michel Ier.

Sa marraine est sa tante l'impératrice Élisabeth d'Autriche, surnommée Sissi. Elle est également la nièce de l'ex-reine Marie des Deux-Siciles et de la duchesse d'Alençon. 

Le duc Charles-Théodore a démissionné de l'armée pour devenir médecin. La duchesse Marie-Josèphe, femme charitable à la piété solide, n'hésite pas à servir d'infirmière à son mari dans la clinique ophtalmologique qu'il a ouverte à ses frais et où il soigne gracieusement les plus démunis.

La duchesse Élisabeth effectue ses études au pensionnat Saint-Joseph à Zangberg, elle parle l'allemand, le français et l'anglais, et apprend le piano et le violon.
Couple princier :
 

Lors des funérailles à la chapelle royale de Dreux de sa tante Sophie, duchesse d'Alençon, victime de l'incendie du bazar de la Charité en 1897, Élisabeth rencontre le prince Albert, neveu du roi Léopold II de Belgique.

Le mariage est célébré le 2 octobre 1900 à Munich.

Le couple aura trois enfants :
  • Léopold (1901-1983), futur roi Léopold III
  • Charles Théodore (1903-1983), comte de Flandre
  • Marie-José (1906-2001) épouse d'Humbert II, roi d'Italie
  • Reine des Belges :
     

    À la suite du décès du roi Léopold II en 1909, son neveu Albert monte sur le trône de Belgique. 

    La reine Élisabeth s’occupe d’œuvres de bienfaisance et de lutte contre les maladies. Elle s’intéresse à la vie musicale, artistique et intellectuelle du pays. Le peintre Eugène Laermans, le poète Émile Verhaeren, le violoniste Eugène Ysaÿe deviennent des familiers de la Cour, et Élisabeth fonde le Quatuor de la Reine mené par le violoniste liégeois Henri Koch.

    Elle ramène de nombreuses photographies de ses voyages (Chine, Congo belge, Égypte, États-Unis, Inde, Pologne...). Elle fixe également les traits des membres de sa famille et de ses amis savants et artistes (Émile Claus, Émile Verhaeren)
    Durant la Grande guerre :
     

    Le roi Albert Ier et la reine Élisabeth (d'origine bavaroise, donc allemande) refusent lors de la guerre de quitter la Belgique, pays neutre, envahie illégalement par les Allemands et se réfugient en Flandre à La Panne pendant quatre ans, tandis que l'armée belge continue la guerre derrière les tranchées de l'Yser. 

    La reine Élisabeth apporte régulièrement son soutien aux soldats et blessés et fonde l'Orchestre symphonique de l'armée de campagne et travaille parfois comme infirmière à l'hôpital L'Océan de La Panne.

    La reine joue également un rôle politique : sous prétexte d'aller voir ses enfants, elle transmet des messages confidentiels de son époux aux autorités britanniques.

    Après l'armistice de 1918, le couple royal — le « Roi Chevalier » et la « Reine Infirmière » — connaît une grande popularité et la reconnaissance des États alliés. 
    Au tombeau de Toutankhamon :
     

    Après la guerre, la reine multiplie, seule ou avec son mari, les voyages officiels et privés à travers le monde. 

    Passionnée par l'Égypte antique, elle s'intéresse aux fouilles réalisées par Howard Carter dans le tombeau de Toutânkhamon. Elle découvre le tombeau le 18 février 1923, le lendemain de son ouverture.

    A la suite de cette visite est décidée la création de la Fondation égyptologique Reine Élisabeth, qui existe encore de nos jours. 

    En 1930 et 1931 la reine retourne en Egypte avec son mari; elle suit les fouilles de la nécropole de Ra-Ouer et visite le site des Pyramides, les tombes de Ramsès 1er et de Sethi II, Karnak, Louxor, Deir-el-Bahari, etc.
    Mort du roi Albert :
     

    Le 17 février 1934, lors d'un après-midi d'escalade à Marche-les-Dames, le roi Albert fait une chute mortelle. Élisabeth se retire au profit de sa belle-fille qui devient la très populaire reine Astrid.

    Mais l'année suivante, au cours d'un voyage en Suisse, le jeune couple royal est victime d'un accident d'automobile au cours duquel la jeune reine perd la vie. La reine Elisabeth revient à l'avant-plan et reprend toutes ses activités.

    Elle consacre également plus de temps à ses petits-enfants orphelins (Joséphine-Charlotte, Baudouin et Albert) qu'elle n'a pu en accorder à ses propres enfants. 
    Durant la Seconde guerre mondiale :
     

    Durant la guerre la reine Elisabeth reste auprès de son fils le roi Léopold III au château de Laeken. Elle est surveillée par l'armée allemande mais peut circuler librement en Belgique et à l'étranger. 

    Vingt-trois trains sanitaires échelonnés entre octobre 1941 et juin 1944 se rendent en Allemagne pour rapatrier les prisonniers belges libérés pour raison de santé. La reine Elisabeth vient souvent encourager le personnel de la Croix-Rouge avant le départ des convois. 

    Sollicitée par les responsables d'associations juives belges, elle intervient à plusieurs reprises en faveur des Juifs, et parvient à en sauver à plusieurs reprises, notamment trois cents en juin 1943. Ses interventions successives sont cependant limitées et ne réussissent pas toujours, mais elles sont remarquées, et l'institut Yad Vashem la reconnaît Juste parmi les nations en 1965. 
    Une souveraine cultivée :
     

    La reine Élisabeth est connue pour son amour de la culture.

    À la fin des années 1930, elle soutient la création de l'Orchestre national de Belgique, du Concours musical international Eugène Ysaÿe (rebaptisé plus tard du prénom de la souveraine), de la nouvelle Bibliothèque royale Albert Ier, sur le Mont des Arts et de la Chapelle musicale Reine Élisabeth, construite près d'Argenteuil sur un terrain offert par le baron Paul de Launoit. 

    Musicienne et sculptrice durant ses temps libres, la reine Élisabeth était l'amie de nombreux écrivains et artistes : Émile Verhaeren, Maurice Maeterlinck, Colette, Eugène Ysaÿe, Yehudi Menuhin, André Gide, Jean Cocteau, Pablo Casals, etc. Elle est élue en 1964 à l'Académie française des beaux-arts. 
    La « reine rouge » :
     

    Après la Seconde Guerre mondiale la reine Elisabeth fréquente qui elle veut et n'hésite pas à accepter des invitations de pays communistes (Pologne, Union soviétique, Yougoslavie et Chine) en pleine Guerre froide, ce qui lui acquiert le surnom de « Reine rouge » et suscite le mécontentement du gouvernement belge.

    C'est ainsi qu'en avril 1958 Elisabeth, alors âgée de 82 ans, se rend à Moscou à bord d'un appareil de la compagnie Aeroflot. Elle s'y fait photographier, devant un buste de Lénine, en compagnie de son vieil ami le maréchal Vorochilov. Cette année-là, le président du présidium du Soviet suprême vient en personne honorer l'Exposition universelle de Bruxelles.

    Jusqu'à la fin de sa vie, la veuve d'Albert Ier manifeste publiquement sa sympathie à l'égard des régimes communistes.
    Le château du Stuyvenberg :
     

    Le château du Stuyvenberg (en néerlandais: Kasteel van Stuyvenberg) est un château situé au nord de Bruxelles près du château de Laeken (résidence du roi des Belges).

    Le château est construit en 1725. Il est cédé au gouvernement belge le 12 août 1840.

    La reine Élisabeth s’y est installée après la Seconde Guerre mondiale et y est décédée en 1965. 
    Le carmel royal de Bruxelles :
     

    Le livre a été adressé à la reine par le Carmel royal de Bruxelles. Il est consacré à Anne de Jésus, fondatrice de ce carmel.

    En 1604, sœur Anne de Jésus (de Lobera), compagne de Thérèse d’Avila, fonde plusieurs carmels en France puis se rend en Belgique. Le 25 mars 1607 elle pose la première pierre du monastère qui est établi en 1611. 

    A la fin du XVIIIe siècle Joseph II supprime les couvents. Le carmel est détruit. Après des vicissitudes sous la Révolution et plusieurs changements du site de la communauté, le carmel royal actuel est établi en 1892.
    Sources :

    > Evrard Raskin, « Elisabeth de Belgique, une reine hors du commun », éditions Luc Pire
     
    > Page Wikipédia : Elisabeth reine des Belges  
     
    > Data BNF : Elisabeth reine des Belges 
     
    Revue des Deux-monde : SM Elisabeth 
     
    Esméralda de Belgique, « Albert et Elisabeth » 
     
    > Grande Guerre 87 DIT 
     
    > Découvert du tombeau de Toutankhamon    
     
    > La reine Elisabeth et l’égyptologie 
     
    > Trains sanitaires (1941-1944) 

    > Voyage à Moscou 1958
     
    > Page Wikipédia Château du Stuyvenberg  
     
    > Carmel de Bruxelles 


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